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L'enfer pour les chrétiens

Publié le 25 février 2017 à 13:15


(Cercles de l'Enfer, Divine Comédie de Dante)

Ce que les chrétiens appellent Enfer est moins le lieu que l'état des esprits et des âmes qui ont été condamnées par le Tout-Puissant aux peines de l'autre vie. Le dogme de l'enfer et de l'éternité des peines est fondé sur plusieurs passages de la Bible, et sur diverses traditions populaires.

Dans le sens propre et restreint, on appelle Enfer le lieu où les mauvais anges et les âmes des méchants, après la mort, souffrent une peine éternelle; mais dans un sens plus général, on donne ce nom au lieu où se trouvent les âmes des défunts qui ne sont pas dans le ciel. C'est ainsi qu'il est dit, dans le Nouveau Testament, descendre dans l'Enfer, pour mourir, descendre dans le tombeau ou dans le lieu des âmes. C'est ainsi que Jésus est descendu dans les Enfers pour en retirer les âmes des justes qui n'avaient pu être introduites dans le ciel, parce que la faute originelle n'était pas encore effacée.

La descente aux Enfers de Jésus

On désigne par le terme théologique de Descentes aux Enfers le fait exprimé dans le Symbole des apôtres par les mots Descendit ad inferna ou inferos, qui se rapportent à Jésus-Christ. Cette phrase est intercalée, comme on sait, entre la mention de la mort et de la sépulture de Jésus et celle de sa résurrection. On la trouve d'abord, vers la fin du IVe siècle, dans la confession de foi de l'Eglise d'Aquilée; jusqu'à la fin du Ve siècle, elle manque dans la plupart des textes connus du Symbole des Apôtres; au VIIe siècle, par contre, cette formule est entrée partout dans le texte reçu du Symbole.

La doctrine elle-même d'une descente du Christ aux enfers se rencontre dans quelques-uns des plus anciens auteurs chrétiens, dans Justin Martyr (Contra Tryph., 72), par exemple, et dans la plupart des Pères de l'Eglise; mais le même terme a fini par désigner des faits assez différents. Ainsi l'Eglise orthodoxe grecque enseigne que l'âme humaine du Christ, unie à la divinité, est descendue librement aux enfers pour y continuer son activité salutaire (Conf. orthod., I, 49).

L'Eglise romaine dit que la personne entière du Christ est librement descendue au séjour des saints de l'ancienne alliance (limbus patrum) pour en délivrer les habitants et les conduire au ciel (Catech. rom., §§ 100-105). Selon les formulaires luthériens, le Christ est descendu, corps et âme, vers les réprouvés pour leur manifester sa victoire. C'est le premier moment de son exaltation (Form. Concord., I et II, art. 9).

Enfin, quelques formulaires réformés ne voient dans les mots « Il est descendu aux enfers », que l'expression des extrêmes souffrances du Christ à Gethsémané et au Calvaire (Catech. Palat., IX, 44). Dans les Eglises issues de la Réforme (Protestantisme), ces divergences et bien d'autres sur le même point peuvent subsister parce que les passages de la Bible sur lesquels s'appuie la doctrine de la descente aux enfers sont d'une interprétation controversée, en particulier celui de la première épître de Pierre (III, 18 et 19).

La Damnation.

Les théologiens distinguent deux sortes de peines que souffrent les damnés dans les enfers : la peine du dam, qui consiste dans la privation de la vue de Dieu, et la peine du sens, qui est exprimée par un ver rongeur et un feu dévorant; nous disons, est exprimée, parce que les chrétiens ne sont pas obligés de croire que ce feu soit matériel, non plus que le ver rongeur.

On appelle damnation, dans l'enseignement de l'Eglise chrétienne, la sentence divine qui entraîne les peines éternelles de l'enfer. Le lieu où les réprouvés subissent ces peines est l'enfer ; les tourments atteignent à la fois le corps et l'âme et ils sont sans fin. Cette doctrine s'appuie sur les déclarations du Nouveau Testament, qui parlent d'un « châtiment éternel » (Matthieu, XXV, 41. Cf. Jean, III, 36), d'un « feu qui ne s'éteint pas » (Marc, IX, 43, 44, 46, 48. Cf. Isaïe, LXVI, 24) et de la « mort seconde » (Apocalypse, XX, 10, 14, 15). L'enseignement officiel de l'Eglise n'a guère varié sur ce point; l'inscription que Dante place sur Ia porte de l'enfer Lasciate ogni speranza est orthodoxe. Mais presque de tout temps, des docteurs isolés ont essayé d'échapper à cette conséquence terrible du Jugement dernier.

On peut distinguer dans l'opposition au dogme de la damnation deux opinions principales : celle de l'apocatastase ou restauration universelle, mise en avant par Origène, au nom de l'inaliénable liberté humaine et de la puissance illimitée de Dieu; la plupart des disciples du grand penseur chrétien acceptèrent cet enseignement : Scot Erigène, au IXe siècle, tenta de concilier l'universalité du salut avec les peines éternelles. Durant le Moyen âge, quelques groupes mystiques formulèrent de diverse manière l'apocatastase d'Origène; et jusqu'à l'époque contemporaine, cette idée a conservé des défenseurs parmi les théologiens. D'autre part, la théorie de la destruction finale des réprouvés, indiquée déjà par quelques Pères de l'Eglise, a donné naissance, dans les temps modernes, à ce qu'on a appelé l'immortalité conditionnelle.


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